Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 10:42

J.M. SEUX Votée en séance plénière du Conseil général le 12 avril, la suppression de l’aide départementale à la formation BAFA et BAFD montre un mépris à l’égard des jeunes qui, depuis des générations, trouvent leurs premières expériences professionnelles dans des jobs saisonniers ou d’appoint, souvent parallèles à leurs études.

 

 

Que droite et gauche s’affrontent généralement sur des visions différentes de la gestion publique des territoires, des méthodes, des priorités… cela constitue le jeu démocratique qui est une richesse de notre société et qui offre au citoyen un choix sur l’orientation collective. Au Conseil général du Val-de-Marne les échanges sont parfois animés, les oppositions vives mais finalement nécessaires. Mais aujourd’hui, la mesure de suppression de l’aide départementale à la formation BAFA et BAFD prise par l’exécutif, nous semble tellement absurde, scandaleuse, tellement contraire à l’intérêt public et tellement inacceptable tant sur le fond que sur la forme, que nous avons du mal à comprendre sa motivation.

 

La majorité de gauche du Conseil général vient en effet de suspendre l’aide départementale à la formation BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animation) et BAFD (Brevet d’Aptitude aux Fonctions de Direction) pour les animateurs des Centres de Vacances et des Centres de Loisirs Sans Hébergement. Cette aide venait jusqu’ici couvrir environ 15 % du coût de la formation sur l’ensemble du cursus, soit 154 euros qui viendront désormais s’ajouter au prix des stages à la charge des jeunes qui voudront s’engager dans cette qualification.

 

Comble du cynisme, le Président Favier précise qu’il s’agit en fait d’une « suspension » et non d’une « suppression » et conditionne le rétablissement de cette aide au maintien de la Clause Générale de Compétence dans la réforme des institutions territoriales et au remboursement d’une prétendue dette de l’Etat à l’égard du Département. L’aide à la formation des jeunes est ainsi prise en otage : Le montant de la rançon est l’alignement du gouvernement aux revendications partisanes du Parti communiste val-de-marnais et de ses alliés !!!

 

Ce chantage est proprement inadmissible et porte une grave atteinte à l’animation socio-éducative avec trois conséquences directes :

 

le BAFA est souvent une première porte vers des responsabilités rémunérées et structurantes pour les jeunes. Offrant les premiers contrats de travail, il représente l’accès aux premières expériences professionnelles qui permettent aussi parfois aux jeunes et aux étudiants une activité accessoire nécessaire. Rendre sa formation plus chère va éloigner les jeunes de ce tremplin. La jeunesse est la première victime directe de cette décision.

Le BAFA est la qualification de base pour l’encadrement des mineurs, notamment pendant le temps périscolaire dans nos villes. Dans notre contexte urbain où les horaires de travail s’additionnent aux temps de transports quotidiens importants, beaucoup d’enfants passent autant de volume horaire en temps périscolaire qu’en tant scolaire. L’influence éducative de ces animateurs sur nos enfants est donc prépondérante et leur accès à la formation fondamentale. Cette décision fragilise donc la formation des animateurs qui s’occupent tous les jours de nos enfants ; à la cantine, aux accueils périscolaires, au centre de loisirs…

Ce sont les jeunes qui sont déjà en difficulté sociale qui vont être le plus sanctionnés par cette mesure, car ne pouvant pas s’acquitter des 154 euros supplémentaires du coût de la formation. Cette décision est socialement très injuste et accentue l’inégalité des chances entre les classes sociales.

 

A l’heure où les départements doivent effectivement être regardants sur leurs dépenses pour réaliser des économies nécessaires, il est incroyable que le Conseil général qui dépense, à titre d’exemples des centaines de milliers d’euros dans des campagnes de communication partisanes ou en achat d’œuvres surcôtées pour le Mac Val, s’en prenne à la jeunesse (55000 bénéficiaires de cette aide depuis 13 ans dans le Val-de-Marne) et à l’encadrement des enfants pour réaliser quelques 170 000 euros annuels d’économie, soit environ 0,01% du budget total du département.

 

Avec une telle mesure, financièrement dérisoire pour notre budget départemental et pourtant si importante pour beaucoup de nos jeunes, quel message est-on en train d’envoyer aux jeunes générations ? Quelle cohérence dans la politique départementale entre le remboursement de la Carte Imagin’R à 50% que notre groupe avait lui-même demandé et ce genre de mesure qui vient sanctionner le même public ?

 

Je demande solennellement au Président du Conseil général, au nom de l’ensemble de mes collègues de la Majorité présidentielle, de revenir sans délai sur cette décision lamentable et indigne de notre Assemblée départementale.

Par majpré - Publié dans : Connaissance du Val de Marne
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