Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 16:41

Notre attachement au Département ne doit pas nous faire nier son besoin de réforme. 

La Commission Balladur, chargée par le Président de la République de faire des propositions sur une réforme de nos institutions territoriales, est actuellement en plein travail et dispose encore d’un mois pour opérer les auditions et études qu’elle souhaite, avant de rendre ses conclusions.


Parallèlement, toutes les rumeurs possibles et imaginables naissent sur ces conclusions. Chaque phrase prononcée par un membre de cette commission ou chaque avis porté par tel ou tel homme politique deviennent sujets à spéculation, à discussion ou à protestation. Tous les acteurs institutionnels ont été reçus et ont pu défendre leur position. Laissons sereinement le temps à cette commission de finir son travail et de présenter ce qui sera de toute façon qu’une proposition soumise à une large concertation et au débat avec tous les français.

 

Pour notre part, nous sommes convaincus qu’une réforme est indispensable car l’organisation actuelle des quatre niveaux de décision (communes, communautés, départements, régions), provoque un manque d’efficacité dans la gestion des territoires, génère un flou dans les compétences respectives et accentue le poids de la fiscalité locale.

 

Il ne faut pas être frileux vis-à-vis du progrès mais savoir se remettre en question. Notre société se transforme très brusquement. Les mutations sociales, économiques et  démographiques s’opèrent à une vitesse extraordinaire et nous traversons aujourd’hui une période de grave crise économique. Ce contexte nous impose d’être plus vigilant sur la dépense et d’adapter nos pouvoirs publics, de les moderniser, d’accepter de nouvelles exigences d’efficacité et de rigueur financière au service de la population, d’optimiser l’action des collectivités avec plus de services rendus et moins de gaspillage. Cela ne peut pas se faire correctement avec le système actuel.

 

Dernièrement les présidents des conseils généraux de gauche de l’Ile-de-France ont été reçus avec Jean-Paul Huchon par la commission Balladur sur la réforme des institutions territoriales. En plus d’avancer des menaces sur la disparition pure et simple du département, ces partisans de l’immobilisme ont notamment déclaré : « Une réforme n’a de sens que si elle répond à des problèmes avérés et à des dysfonctionnements patents (…) la réforme territoriale ne correspond à aucune urgence clairement identifiée… » ou encore « Nous insistons avec force sur le bon fonctionnement des collectivités territoriales franciliennes. Les services publics qui dépendent d’elles sont assurés. »

S’il était encore une fois besoin d’illustrer les désaccords idéologiques profonds qui nous opposent à la gauche, ces paroles en sont un parfait exemple. Comment peut-on faire face aux enjeux de notre société et aux besoins de nos concitoyens par une autosatisfaction aussi naïve qu’elle frise la cécité. Comment peut-on déplorer de devoir proposer un budget « fragilisé par la crise économique, financière et immobilière » lors du débat d’orientation budgétaire du 26 janvier dernier et parallèlement ne rien vouloir réformer. Se plaindre mais refuser tout changement n’est certainement pas le meilleur moyen de défendre les intérêts des Val-de-Marnais.

 

Pour notre part favorables à une réforme, nous nous garderons par contre d’avoir à ce stade de la réflexion un avis tranché et absolu sur les détails et les mesures précises de celle-ci. Ce temps viendra avec la publication des propositions de la Commission Balladur. Il faudra alors débattre sans tabou, sans exclure telle ou telle hypothèse par simple idéologie. Les seules exigences fondamentales que souhaitent voir respecter les Français, sont de trouver pour chaque compétence, pour chaque service public, l’échelon de décision le plus pertinent et le plus efficace et que toute nouvelle organisation préserve la démocratie républicaine.

Tout le reste est finalement discutable pour améliorer nos services publics et la population n’accepterait pas que certains élus, pour conserver leur titre ou leurs privilèges, refusent le changement.

 

Dominique Roblin

Conseiller général de Bry-sur-Marne / Champigny

 

Par Majpré - Publié dans : Connaissance du Val de Marne
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