Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /Août /2008 14:49

                                        
Le Département fidèle serviteur de la République mérite certains égards.
  Le 19 juin dernier, l’UCGF a procédé à l’élection de son bureau. Jacques J.P. Martin  succède à Maurice Leroy à la présidence de l’association.

 
Entretien avec le nouveau président 
   
LCG : Jacques JP MARTIN, vous êtes le nouveau président de l’Union des Conseillers Généraux de France quels vont être vos axes de travail ?  

JJPM : Le travail de l’U.C.G.F. est de défendre les conseillers généraux, nous sommes une association nationale d’élus locaux à vocation quasi syndicale ! Notre mission consiste à assister et défendre tous les élus départementaux de France Métropolitaine et d’Outre Mer, de toutes les sensibilités. C’est l’essentiel de ma mission en associant les membres du Bureau et du Conseil d’Administration. Je tiens d’ailleurs à remercier, pour le travail accompli, mes prédécesseurs. Nous devons accompagner nos collègues dans l’exercice de leur mandat en leur apportant les moyens de se former, de se tenir informés sur la façon d’exercer des fonctions importantes au service de leurs concitoyens. Nous veillons avant tout à la spécificité et à l’évolution du mandat de conseiller général, ce qui, au vu des débats actuels, n'est pas chose facile.

 

LCG : Vous pensez à la suppression des départements ?

 

JJPM : Avant de condamner les départements, ils méritent certains égards car, fidèles serviteurs de la République, ils ont été, avec les communes, des facteurs de cohésion nationale et de cohésion sociale reconnus…. Ils doivent sûrement se réformer, s’adapter et se moderniser tout en conservant leur rôle de service public de proximité. Oui, le débat sur la suppression des départements, héritiers de la Révolution Française a toujours été d’actualité.. Nous sommes à mon sens une large majorité à reconnaître qu’il existe un problème d’articulation entre les collectivités locales. Il me semble opportun de réfléchir aux compétences exercées et d’évaluer les effets des deux décentralisations. Lors du dernier bureau de l'Union des Conseillers Généraux de France, nous avons émis de manière officielle un vœu allant dans ce sens. Notre association présentera à l'automne un certain nombre de propositions sur l'avenir des Départements. J’ai abordé ce sujet lors de ma récente rencontre avec Alain Marleix, Secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités Territoriales. Un simple toilettage du mille-feuilles administratif ne suffit pas et s'attaquer aux Départements exclusivement ne résoudra pas les problèmes de décentralisation et de proximité que les régions actuelles sont incapables d’assurer avec autant d’efficacité. Le dialogue que nous souhaitons ne peut fonctionner qu'à la condition que chacun accepte de voir son périmètre évoluer.

 

LCG : Suite au rapport ATTALI et aux propos de certains ministres et même du Président de la République, de nombreuses voix s’élèvent pour remettre en question la pertinence des départements…

 

JJPM : Lorsque le Président de la République dit que l'on ne peut moderniser la France sans toucher à l'appareil administratif, il a raison. Le débat qui nous anime à l'U.C.G.F. est celui de la clarification des compétences et de la rationalisation des niveaux de collectivités. Il ne s'agit pas de faire l'apologie d'un échelon plus qu'un autre ni même de recréer la querelle entre les anciens et les modernes, mais bien d'ouvrir un débat constructif entre ceux qui gèrent les collectivités locales au quotidien et ceux qui souhaitent, pour le bénéfice de la communauté nationale, une optimisation de la gestion du bien public par la réforme. Disserter sur la bonne gouvernance et jouer aux dominos avec les strates actuelles est devenu la dernière chose à la mode dans le microcosme parisien., gérer les collectivités avec le souci de dépenser moins en dépensant mieux en est une autre ! Comme nombre de mes collègues je suis Maire, Conseiller Général et Vice Président d'une intercommunalité. Je suis confronté au quotidien au « faire plus au service des Français avec moins de moyens». Parcours-JJPM.pdf Parcours-JJPM.pdf  

 

 

LCG : Avez-vous des pistes de réflexions ?

 

JJPM : Lors de notre dernier Conseil d'Administration  nous avons abordé quelques pistes de réflexion sérieuses. L'une des principales pourrait être celle de confirmer à l’Etat et aux communes des compétences générales et attribuer à la Région et au Département des compétences principales qui en feraient des pilotes exclusifs : par exemple le social, le logement, les lycées pour les départements et les universités, la formation professionnelle, l’économie, les déplacements pour les régions. Une simplification de la fiscalité locale conduirait à ce que l’impôt local ne dépende que d’une seule structure. Nous sommes demandeurs d’un vrai dialogue sur l'avenir non pas du Département, mais des collectivités, s'il repose d’abord sur le champ des compétences de chacun : communes, communautés de communes, pays, communautés d'agglomération, départements, régions. En fait, l’un des problèmes est bien la superposition de quatre échelons principaux avec des compétences générales : l’Etat, la Région, le Département et la Commune.

 

LCG : Département contre région alors ?

 

JJPM : La question ne se pose pas en ces termes. Notre réponse est claire : c'est Département et région ! Ce que souhaitent les conseillers généraux c'est un vrai dialogue, un vrai débat. Ils veulent participer. Pourquoi les conseillers généraux, ou territoriaux, (le terme est à la mode !), ne composeraient-ils pas les assemblées départementales et régionales ? C'est une idée envisageable, à la condition indispensable de conserver la circonscription cantonale pour l'élection au suffrage direct d'élus locaux issus de territoires identifiables, de manière à ce qu'une égalité et une attache territoriales soient préservées. C'est un préalable nécessaire au maintien de l'homogénéité territoriale et culturelle de l'espace politique français et c'est également la garantie d'une démocratie locale vivante et réelle. Le dossier que conduit Christian Blanc, Secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale aura, dans ses conclusions, valeur d’exemple pour le reste de notre territoire métropolitain et outre-mer.

 

Je suis surpris et surtout attristé de voir l'opposition toujours plus forte entre le monde rural et le monde urbain et entre la province et la région capitale. On ne peut pas opposer deux France ! Elles doivent coexister et je le dis en tant qu'élu de la banlieue de Paris (Val-de-Marne). Dans le nouveau chantier que souhaite le Président de la République, il sera nécessaire que les élus de proximité que sont les maires et les conseillers généraux soient pleinement associés et que soient acceptées et privilégiées les logiques territoriales aux logiques administratives existantes. Une association pluraliste comme la nôtre doit être un espace privilégié pour contribuer, avec ses homologues pour les départements (Association des Maires de France et Association des Départements de France) à un tel débat.

 
En savoir plus : le parcours de Jacques J.P Martin

Par Cg94 Majorité présidentielle - Publié dans : Le Conseil général
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